
Comprendre la composition du lait infantile et faire le bon choix
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Quand on devient parent, on veut offrir le meilleur à son bébé, notamment en ce qui concerne l'alimentation. Le lait maternel reste la référence absolue : il est unique, évolutif et parfaitement adapté aux besoins du nourrisson. Mais parfois, l'allaitement n'est pas possible, pas souhaité ou ne suffit pas et il faut alors se tourner vers les laits infantiles.
C'est là que les choses se compliquent un peu… Choisir le bon lait pour son enfant peut vite devenir un véritable casse-tête. Entre les différentes marques, les types de lait et les conseils parfois contradictoires, il n'est pas toujours facile de comprendre la composition du lait infantile. Cependant, rassurez-vous : tous les laits infantiles disponibles sur le marché respectent des normes strictes et couvrent les besoins nutritionnels essentiels de votre bébé. Les différences entre les marques se jouent sur des détails ou des ingrédients spécifiques mais aucun choix ne mettra votre enfant en danger et heureusement !
Dans cet article, nous vous expliquons comment identifier les points qui comptent vraiment dans la composition du lait infantile afin de que vous fassiez un choix éclairé.
Sommaire
Parce que pendant les premiers mois de sa vie, le lait est l'unique aliment de bébé. Autrement dit, c'est sa seule source d'énergie, de nutriments et de tout ce dont son organisme a besoin pour bien se développer. Chaque ingrédient compte : les protéines pour la croissance, les acides gras pour le cerveau et la vue, les vitamines et minéraux pour l'immunité, les fibres pour la digestion…
Le lait maternel reste évidemment la référence car il s'adapte naturellement aux besoins de bébé. Mais comme ce n'est pas toujours possible, suffisant ou souhaité, les laits infantiles ont été conçus pour s'en rapprocher au maximum. Leur composition est strictement encadrée par la réglementation mais toutes les formules ne se valent pas forcément. Comprendre ce qu'il y a dans un lait infantile, c'est donc pouvoir choisir en toute conscience : offrir à son bébé ce qui lui est vraiment utile et éviter les ingrédients superflus ou peu recommandés.
Un lait infantile, ce n'est pas juste du lait en poudre. C'est une préparation pensée pour répondre aux besoins spécifiques d'un nourrisson.
Dans le lait maternel, on trouve environ 60 % de lactosérum et 40% de caséine. Dans le lait de vache, c'est l'inverse : beaucoup plus de caséine, ce qui le rend difficile à digérer pour un petit estomac.
Les laits infantiles adaptés modifient ce ratio pour se rapprocher le plus possible du lait maternel. De ce fait, le lait est plus digeste et plus doux pour le système digestif de bébé.
Certaines marques proposent aussi des laits à base de lait de chèvre ou de protéines végétales (riz,soja hydrolysé).
la marque en moins, l'info en plus : le lait de chèvre n'est pas indiqué en cas d'APLV et est plutôt utilisé pour le confort digestif ou son profil lipidique et gustatif. Pour les bébés allergiques aux protéines de lait de vache, on privilégie les préparations à base de protéines de lait de vache hydrolysées, d'acides aminés libres ou les laits végétaux (riz ou soja), qui sont de plus en plus appréciés pour leur goût et leur bonne tolérance.
Les graisses du lait infantile ne sont pas là par hasard. Elles apportent de l'énergie et participent au bon développement du cerveau. Parmi elles, on trouve des acides gras essentiels comme le DHA (acide docosahexaénoïque), indispensable au développement cérébral et visuel de bébé.
Depuis 2020, le DHA est obligatoire dans les laits 1er âge en Europe. Certaines formules de qualité ajoutent également de l'ARA pour coller davantage au profil nutritionnel du lait maternel. Cependant, attention, le rapport DHA/ARA doit être supérieur à 1 pour être assimilé et utilisé correctement par l'organisme.
la marque en moins, l'info en plus : certains laits contiennent encore de l'huile de palme, qui apporte de l'acide palmitique, mais qui est moins bien digérée par bébé et peut réduire l'absorption du calcium. Dans le lait maternel, l'acide palmitique est mieux assimilé grâce à la crème de lait. Les laits utilisant de l'huile de tournesol ou de colza sont donc préférables, à la fois pour la digestion de bébé mais aussi pour limiter l'impact écologique car la production d'huile de palme contribue à la déforestation. Les formules qui associent cette huile à une source d'acide palmitique (comme la crème de lait ou le SN2 palmitate) se rapprochent le plus du profil du lait maternel.
Le sucre principal du lait maternel, et donc du lait infantile classique, est le lactose. L'intolérance au lactose chez le nourrisson est extrêmement rare : elle peut survenir de façon transitoire, par exemple lors d'une gastro-entérite ou d'une pathologie digestive. Chez certains bébés de moins de 3 mois, un excès de lactose peut provoquer des inconforts digestifs ou des gaz. Dans ces cas particuliers, certaines formules appauvries en lactose ou utilisant des maltodextrines peuvent être proposées.
Certains laits contiennent aussi de l'amidon (pomme de terre, riz, maïs) ou de la farine de graines de caroube pour épaissir le lait et limiter les régurgitations. La caroube a tendance à rendre les selles plus molles et volumineuses, tandis que l'amidon peut les rendre plus dures et favoriser la constipation. La maltodextrine peut être utilisée dans certaines formules pour réduire le lactose mais elle n'est pas considérée comme un sucre rapide et reste généralement bien tolérée.
La mention "sans sucres ajoutés" ne concerne pas l'amidon, la caroube ou la maltodextrine, mais uniquement l'absence de sucres comme le saccharose, le glucose ou le fructose. Un lait sans sucres ajoutés peut donc contenir ces ingrédients.
Le lait infantile est enrichi en vitamines (A, C, D, E, B9…) et en minéraux (calcium, fer, zinc). Certains laits contiennent aussi des prébiotiques (FOS, GOS), inspirés des oligosaccharides du lait maternel, qui favorisent un microbiote équilibré et des défenses immunitaires au top.
« Une bonne composition c'est : - un profil protéique ajusté, avec un ratio caséine/protéines sériques inspiré du lait maternel. - le lactose comme glucide principal, pour respecter la physiologie digestive du bébé et favoriser l'absorption du calcium. - un profil lipidique soigneusement élaboré, associant matières grasses laitières et huiles végétales sélectionnées, avec un apport en DHA et ARA indispensables au bon développement de bébé. - la présence de prébiotiques de type GOS/FOS, richement documentés scientifiquement pour soutenir l’équilibre du microbiote intestinal et le confort digestif. - un dosage en vitamines et minéraux optimal pour prévenir les carences. - une bonne traçabilité du lait et un circuit court.» Anaïs Repetto, diététicienne-nutritionniste spécialisée en nutrition pédiatrique.
la marque en moins, l'info en plus : en plus des ingrédients principaux, certains laits contiennent aussi des additifs. Ils servent à stabiliser, épaissir ou améliorer la conservation mais ils ne sont pas toujours indispensables.
À surveiller notamment :
Émulsifiants et stabilisants(E322, E471, E472c) : utilisés pour la texture : l'E322(lécithine) est utilisé dans le lait infantile pour stabiliser les graisses et rendre le lait plus homogène. Les E471 et E472c sont également utilisés pour la texture et pour stabiliser le DHA/ARA. Ces substances sont considérées comme sûres pour le nourrisson aux doses utilisées et les risques éventuels sont surtout liés à une consommation élevée dans les produits ultra-transformés plus tard.Si la formule peut rester stable sans ces additifs, c'est mieux, par principe de précaution.
Épaississants (gomme de caroube, gomme de guar, amidon modifié, carraghénanes) : utiles en cas de reflux, mais peuvent entraîner ballonnements ou inconfort chez certains bébés.
Acidifiants : utilisés principalement pour ajuster le pH et conserver le lait. Ils n'apportent pas de nutriments mais peuvent améliorer la digestibilité des protéines, l'absorption du calcium et du fer, stabiliser certaines vitamines et limiter l'oxydation des acides gras essentiels comme le DHA. Si la formule peut rester stable sans acidifiants, c'est préférable, mais leur présence peut avoir un intérêt nutritionnel réel au-delà de la conservation.
Ces substances ne sont pas dangereuses aux doses utilisées mais elles n'apportent rien de plus à bébé. L'idée est de privilégier une liste d’ingrédients courte et simple, sans additifs de préférence.
Le lait maternel est une véritable petite merveille de la nature : unique, évolutif et parfaitement adapté aux besoins du nourrisson. En comparaison, le lait infantile est une formule de substitution réglementée, conçue pour se rapprocher de ce modèle… sans jamais pouvoir vraiment l'égaler.
Quelques différences clés :
Protéines : le lait maternel contient majoritairement des protéines solubles, faciles à digérer pour le nourrisson, tandis que le lait de vache, utilisé comme base pour la plupart des laits infantiles, est plus riche en caséine, qui se digère plus lentement. Les formules infantiles ajustent ce ratio pour se rapprocher de celui du lait maternel.
Acides gras essentiels : le lait maternel apporte naturellement DHA et ARA, importants pour le développement du cerveau et de la vue. Dans les laits infantiles, le DHA est obligatoire dans le 1er âge (mais facultatif dans le lait de croissance), alors que l'ARA reste optionnel malgré son intérêt scientifique. L'ARA est un vrai plus dans un lait infantile et le DHA peut compenser le manque de poisson gras dans l'alimentation des jeunes enfants.
Glucides : dans le lait maternel et le lait infantile, le lactose domine. C'est le sucre naturel du lait, bien toléré et bénéfique pour la flore intestinale. il favorise aussi l'assimilation du calcium.
Anticorps, cellules souches et enzymes : exclusivité du lait maternel, qui protège bébé contre les infections.
Vitamines et minéraux : présents dans les deux mais souvent ajoutés artificiellement dans les formules infantiles pour combler les besoins.
La composition du lait infantile cherche donc à s'approcher du lait maternel mais ne peut pas en reproduire toute sa richesse d'un point de vue nutritionnel.
Il existe plusieurs catégories de laits infantiles, selon l'âge et les besoins de bébé :
Lait 1er âge (0-6 mois) : la base, adapté aux besoins des nourrissons.
Lait 2e âge (6-12 mois) : plus riche en fer et protéines pour accompagner la diversification alimentaire.
Lait de croissance (1-3 ans) : enrichi en fer, vitamines A, C, D, et moins riche en protéines que le lait de vache.
la marque en moins, l'info en plus en plus : et si vous choisissiez un lait biologique ? Car choisir un lait infantile bio, c'est un peu cocher trois cases d’un coup : moins de pesticides dans le biberon, plus de respect pour les animaux et un petit geste pour la planète. Et bonne nouvelle : ça ne veut pas forcément dire vider son porte-monnaie ! Entre les circuits courts et la production locale, le bio peut tout à fait rivaliser avec le conventionnel côté prix (surtout si vous vous tournez vers un abonnement en ligne). Et puis, en France, on a la chance d'avoir des vaches et des producteurs à deux pas de chez nous : autant en profiter !
À noter : les laits conventionnels ont des normes très strictes sur les résidus de pesticides et en contiennent rarement. Le bio reste un petit plus pour limiter les risques mais l'écart est en réalité souvent minime.
Classiques : fabriqués à partir de lait de vache ou chèvre, adaptés à la plupart des bébés.
Épaissis : avec amidon ou caroube, pour limiter régurgitations (à utiliser sur avis médical).
Anti-régurgitations (AR) : pour les bébés souffrant de RGO, formule épaissie.
Laits thérapeutiques : pour besoins médicaux spécifiques, uniquement sur prescription.
Hypoallergéniques (HA) : protéines partiellement hydrolysées, destinées aux bébés à risque d'allergie. Ces formules sont aujourd’hui moins utilisées car leur efficacité pour prévenir les allergies n'est pas clairement prouvée.
Sans lactose (riz, soja) : l'intolérance au lactose est très rare chez le nourrisson. Ces formules sont surtout prescrites en cas de gastro-entérite aiguë ou de pathologie digestive nécessitant un lait adapté. La maltodextrine peut remplacer partiellement ou totalement le lactose dans ces préparations.
Préparations à base de protéines végétales (riz, soja) : principalement pour les allergies ou intolérances confirmées aux protéines de lait de vache (APLV). Elles sont souvent mieux tolérées que le lait de chèvre ou les hydrolysats poussés de PLV, qui peuvent avoir un goût et une odeur difficiles.
Attention aux appellations comme "lait relais" ou"spécial allaitement mixte" : il s'agit souvent de marketing plus que d'une réelle différence nutritionnelle.
Chaque bébé est unique (et son bidon aussi !). Certains digèrent parfaitement un lait standard, d'autres vont avoir des coliques, reflux ou diarrhées. Les points essentiels à surveiller :
Une caséine trop élevée, qui peut alourdir la digestion.
Le lactose est bien toléré par la majorité mais en cas d'intolérance, il faudra passer à un lait appauvri en lactose.
L'amidon peut calmer les régurgitations mais favoriser la constipation. La caroube peut calmer les régurgitations et ramollir les selles.
la marque en moins, le conseil en plus : si bébé ne prend pas de poids, régurgite beaucoup, pleure souvent après les biberons, ou présente des selles inhabituelles, consultez votre pédiatre avant de changer de lait.
La composition du lait infantile est donc pensée pour s'approcher au mieux du lait maternel, tout en respectant des normes très strictes. Mais chaque bébé ayant son rythme et sa tolérance, le meilleur lait sera celui qui convient à votre enfant mais aussi à vous, parents, en termes de valeurs (bio ou pas), de budget et de praticité. Pour trouver la formule la plus adaptée à votre bébé, un pédiatre de confiance sera votre meilleur allié.
La marque en moins rappelle que, conformément aux recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'allaitement maternel exclusif est la meilleure option pour nourrir un bébé jusqu'à 6 mois, le lait infantile restant une alternative sûre lorsque l'allaitement n'est pas possible.