maman au travail

Allaitement et reprise du travail : droits, organisation et conseils pratiques

Écrit par : Marie Mourot

|

|

Temps de lecture 11 min

Vous allaitez votre bébé et la date de reprise du travail approche. Peut-être que vous vous demandez si vous allez pouvoir continuer, comment vous organiser, ce à quoi vous avez droit... Peut-être aussi que vous n'aviez même pas envisagé que c'était possible.

Allaiter en travaillant, c'est tout à fait faisable. Pas toujours simple logistiquement, mais possible. Et vous avez probablement plus d'options que vous ne le pensez.

Ce qu'il faut savoir

Continuer à allaiter après la reprise du travail est possible, quelle que soit votre situation professionnelle.

Vous avez des droits : une heure par jour dédiée à l'allaitement ou au tirage de lait, pendant un an après la naissance.

Plusieurs options s'offrent à vous : allaitement exclusif avec tire-lait, allaitement mixte, ou sevrage progressif.

Il n'existe pas de bonne ou mauvaise décision donc stop aux injonctions : ce qui compte, c'est ce qui vous convient à vous et à votre bébé.

Préparer la transition quelques semaines avant la reprise facilite vraiment les choses.

Peut-on continuer à allaiter en reprenant le travail ?

Oui, allaitement et reprise du travail peuvent se concilier et c'est même plus courant qu'on ne le croit. Beaucoup de mamans pensent que le retour au travail signe automatiquement la fin de l'allaitement. Ce n'est pas le cas. Les options sont nombreuses en fonction de votre situation.


Trois grandes options s'offrent à vous à l'approche de la reprise :

  • L'allaitement exclusif maintenu : vous continuez à donner uniquement votre lait à bébé, en tirant votre lait au travail pendant vos absences. Cela nécessite un tire-lait et une bonne organisation, mais c'est tout à fait possible.

  • L'allaitement mixte : vous alternez tétées (matin, soir, week-ends) et biberons de lait infantile pendant vos heures de travail. C'est souvent la solution la plus souple et la plus facile à mettre en place.

  • Le sevrage progressif : vous choisissez d'arrêter l'allaitement avant ou autour de la reprise, en remplaçant progressivement les tétées par des biberons. C'est un choix tout aussi légitime.

la marque en moins, l'info en plus : quelle que soit l'option choisie, rappellez-vous qu'en 2 à 3 mois d'allaitement, vous avez déjà donné l'essentiel à votre bébé. Et si vous continuez au-delà, c'est un bonus précieux. Pas de culpabilité dans un sens ou dans l'autre.

Quels sont vos droits au travail quand vous allaitez ?

C'est souvent la première question, et c'est normal. Connaître ses droits avant de reprendre change beaucoup de choses dans la façon d'aborder la conversation avec son employeur.

Les pauses d'allaitement

Toute salariée peut s'absenter de son travail pour allaiter ou tirer son lait pendant 1 heure par jour, pendant les 12 premiers mois suivant la naissance de son enfant. Cette heure se répartit en deux périodes de 30 minutes : une le matin, une l'après-midi.

En l'absence d'accord avec l'employeur sur le moment précis, ces pauses sont placées au milieu de chaque demi-journée de travail.

Ces périodes ne sont pas rémunérées, sauf dispositions conventionnelles contraires. Vérifiez votre convention collective : certaines prévoient que ces temps soient payés.

la marque en moins, l'info en plus : si votre employeur met à disposition un local dédié à l'allaitement, le temps de la pause est réduit à 20 minutes.

Le local d'allaitement

Les entreprises de 100 salariées et plus sont tenues de mettre à disposition un local dédié à l'allaitement. Il doit être séparé de tout local de travail, bien ventilé, éclairé, propre, disposer d'eau à proximité et de sièges adaptés.

Dans les entreprises de moins de 100 salariées, ce n'est pas une obligation, mais la salariée doit pouvoir se reposer dans des conditions convenables.

La fonction publique : des droits renforcés

Les fonctionnaires bénéficient de droits similaires, parfois renforcés selon les accords pris. Certains statuts prévoient notamment des dispositions plus favorables sur la durée ou la rémunération des pauses. Renseignez-vous auprès de votre service RH ou de votre syndicat pour connaître les spécificités de votre situation.

la marque en moins, l'info en plus : en pratique, parler de votre allaitement à votre employeur ou à vos RH en amont de votre retour au travail facilite vraiment les choses. Vous n'êtes, bien sûr, pas obligée de le faire, mais une bonne communication permet de trouver ensemble un espace adapté et d'éviter les situations inconfortables le jour J.

Tirer son lait au travail : comment s'organiser ?

Si vous souhaitez maintenir un allaitement exclusif ou constituer des réserves, voici comment organiser le tirage au travail.

  • Le tire-lait : un tire-lait électrique double pompage est ce qu'il y a de plus efficace. Il permet de tirer les deux seins simultanément en 15 à 20 minutes. Certains modèles sont compacts et discrets, d'autres plus volumineux mais plus puissants. Si vous avez une ordonnance de votre médecin, sage-femme ou gynécologue, la location d'un tire-lait est prise en charge à 100% par la Sécurité sociale.

  • L'espace : choisissez avant votre reprise un lieu calme et propre où vous pourrez tirer votre lait. Si votre entreprise dispose d'un local dédié, utilisez-le. Sinon, une salle de réunion libre, un bureau vacant, un espace calme... L'important est d'être à l'aise et sans interruption. Les toilettes ne sont pas une option acceptable !

  • Le matériel à prévoir : tire-lait, biberons ou sachets de stockage stériles, brassière de tirage (elle libère les mains), sac isotherme avec pains de glace pour le transport.

  • La conservation : le lait tiré se conserve 48 heures au réfrigérateur. S'il n'y a pas de frigo sur votre lieu de travail, un sac isotherme avec des pains de glace suffit pour tenir une journée. Ne jamais recongeler un lait décongelé. Pour réchauffer le lait, un bain-marie tiède à 37°C est idéal, pas de micro-ondes.

  • Les quantités : entre 1 mois et 6 mois, un bébé allaité boit en moyenne 800 ml de lait par 24 heures. Pour estimer ce qu'il boit en votre absence, divisez ce total par son nombre de tétées habituelles sur 24 heures. C'est une moyenne, pas une règle absolue.

  • Le rythme : au travail, vous tirerez à la place des tétées, pas en plus. Les quantités obtenues seront donc bien plus importantes que lors de vos essais pendant le congé maternité où vous tiriez en plus des tétées. Ne vous inquiétez pas si les tests avant la reprise donnent peu de lait.

Allaitement et reprise du travail sans tire-lait : est-ce possible ?

Oui, c'est possible, notamment avec l'allaitement mixte. Si vous n'êtes pas à l'aise avec l'idée de tirer votre lait au travail, ou si les conditions ne s'y prêtent pas, vous pouvez simplement maintenir les tétées quand vous êtes avec votre bébé (matin, soir, nuit, week-ends) et laisser le personnel de crèche ou votre nourrice lui donner des biberons de lait infantile pendant vos absences.

Votre corps s'adaptera progressivement au nouveau rythme. La lactation peut baisser un peu mais se maintient souvent bien sur les tétées conservées.

la marque en moins, l'info en plus  : si vous n'allaitez que le matin et le soir, un tirage ponctuel peut aider en cas d'engorgement les premiers jours de la reprise, le temps que vos seins s'habituent. Une expression manuelle suffit souvent dans ces cas-là.

L'allaitement mixte : une option à envisager

L'allaitement mixte, c'est alterner tétées au sein et biberons de lait infantile. C'est souvent la solution la plus simple pour concilier allaitement et vie professionnelle.


Quelques points à savoir :

  • Il n'est pas nécessaire de commencer l'allaitement mixte des semaines à l'avance (sauf si vous en avez envie). Une à deux semaines avant la reprise suffisent généralement : le temps que bébé s'habitue à la tétine et au goût légèrement différent du lait infantile, et que vos seins commencent à s'adapter au nouveau rythme. 

  • Si bébé refuse le biberon, pas de panique. C'est fréquent, et souvent temporaire. Certains bébés acceptent plus facilement le biberon quand ce n'est pas la maman qui le propose : le co-parent, l'assistante maternelle... N'hésitez pas à tester différentes types de tétines si ça ne fonctionne pas.

Comment préparer bébé avant la reprise ?

Quelques semaines avant la reprise, un peu d'anticipation change vraiment les choses !

Si vous optez pour l'allaitement mixte, commencez à proposer le biberon 1 à 2 semaines avant la reprise. Pas besoin de commencer plus tôt.

Si vous souhaitez laisser du lait maternel au mode de garde, tirez quelques fois par semaine pendant votre congé maternité pour constituer un stock. Congelez en petites quantités (60 à 90 ml) pour éviter le gaspillage.

Expliquez à la crèche ou à l'assistante maternelle votre fonctionnement, les quantités, les instructions de réchauffage. Assurez-vous qu'ils ont accès à un frigo ou à de bonnes conditions de conservation.

Si possible, démarrez le mode de garde quelques jours avant votre reprise effective. Cela vous laissera du temps pour ajuster ce qui ne fonctionne pas, sans la pression du premier jour de travail.

Travail de nuit et allaitement : quelques repères

Le travail de nuit avec un bébé allaité demande une organisation particulière. Si vous travaillez la nuit, votre bébé passera ces heures avec le co-parent ou le mode de garde. Votre corps devra s'adapter à tirer ou non selon vos absences.

Quelques pistes : tirer votre lait avant de partir au travail si votre bébé dort déjà plusieurs heures d'affilée. À votre retour, proposer le sein si bébé est réveillé et prêt à téter. Pendant vos nuits de travail, un tirage peut être nécessaire pour éviter l'engorgement, au moins les premières semaines, le temps que votre corps s'adapte.

Il est important de savoir que la fatigue accumulée peut affecter votre lactation. Dormez autant que possible quand vous rentrez, et hydratez-vous bien.

Quand et comment sevrer bébé si vous le souhaitez

Si vous choisissez de sevrer votre bébé avant ou autour de la reprise, un sevrage progressif est recommandé pour votre confort et celui de bébé. L'idée est de remplacer les tétées une par une, en commençant par celles où bébé est le moins demandeur, sur plusieurs semaines. 

Un sevrage brutal peut provoquer un engorgement douloureux et rendre la transition plus difficile pour bébé. Laissez le temps à votre corps de réduire progressivement sa production de lait.

Si vous ressentez des douleurs ou un engorgement pendant le sevrage, une expression manuelle de soulagement (pas de vidange complète) peut aider.

À retenir

Allaiter en travaillant, c'est possible : allaitement exclusif avec tire-lait, allaitement mixte, les options sont nombreuses.

Vous avez droit à 1 heure par jour pour allaiter ou tirer votre lait, pendant les 12 premiers mois, sans que ce temps soit nécessairement rémunéré.

Les entreprises de 100 salariées et plus doivent mettre à disposition un local dédié.

En cas d'allaitement mixte, bébé peut avoir besoin de quelques jours pour s'habituer au biberon.

Quelle que soit votre décision, elle est la bonne si elle vous convient à vous et à votre bébé.

FAQ - Allaitement et reprise du travail

Peut-on continuer à allaiter en reprenant le travail ?

Oui, tout à fait. Plusieurs options s'offrent à vous : maintenir un allaitement exclusif en tirant votre lait au travail, passer à un allaitement mixte (tétées le matin et le soir, biberons de lait infantile pendant vos absences), ou sevrer progressivement avant la reprise. Aucune de ces options n'est meilleure que les autres : tout dépend de ce qui vous convient à vous et à votre bébé.

Quels sont mes droits pour l'allaitement au travail ?

Toute salariée peut s'absenter 1 heure par jour pour allaiter ou tirer son lait, pendant les 12 premiers mois suivant la naissance. Cette heure se répartit en deux périodes de 30 minutes (matin et après-midi). Ces pauses ne sont généralement pas rémunérées, sauf dispositions conventionnelles contraires. Les entreprises de 100 salariées et plus doivent mettre à disposition un local dédié.

Puis-je tirer mon lait au travail ?

Oui. Vous avez le droit d'utiliser vos pauses d'allaitement pour tirer votre lait. Identifiez en amont un espace calme et propre sur votre lieu de travail. Si votre entreprise dispose d'un local dédié, utilisez-le. Sinon, une salle de réunion ou un bureau vacant peuvent convenir.

Comment s'organiser pour l'allaitement mixte à la reprise du travail ?

Il n'est pas nécessaire de commencer l'allaitement mixte trop tôt. Quelques jours avant la reprise suffisent pour habituer bébé au biberon. Gardez les tétées quand vous êtes présente (matin, soir, nuits, week-ends) et laissez la personne qui s'occupe de votre bébé la journée donner des biberons de lait infantile pendant vos absences. Votre corps s'adaptera progressivement au nouveau rythme.

Mon bébé refuse le biberon, que faire ?

C'est fréquent et souvent temporaire. Essayez de laisser le co-parent proposer le biberon plutôt que vous : sans l'odeur du lait maternel, bébé accepte souvent plus facilement. Différents types de tétines peuvent aussi aider. Reproposez régulièrement, même en cas de refus, bébé finit généralement par s'adapter.

Peut-on allaiter et travailler de nuit ?

Oui, mais cela demande une organisation particulière. Tirez votre lait avant de partir au travail si votre bébé dort déjà de longues heures. Un tirage pendant la nuit peut être nécessaire les premières semaines pour éviter l'engorgement, le temps que votre corps s'adapte à votre nouveau rythme.

Comment arrêter l'allaitement avant la reprise du travail ?

Un sevrage progressif est recommandé : remplacez les tétées une par une sur plusieurs semaines, en commençant par celles où bébé est le moins demandeur. Un sevrage brutal peut provoquer un engorgement douloureux. Laissez le temps à votre corps de s'adapter progressivement.

Quand commencer l'allaitement mixte avant la reprise ?

Quelques jours avant la reprise suffisent. Il n'est pas utile de commencer trop tôt, notamment pour éviter de perturber votre lactation prématurément. L'important est que bébé ait eu quelques expériences avec le biberon avant le premier jour de garde.

Ressources intéressantes sur ce sujet

Marie Mourot

Marie Mourot

Rédactrice web depuis une dizaine d'années, Marie est la fondatrice de Kid Grenadine. Elle met ses compétences au service de projets engagés et bienveillants autour de l'enfant. À travers son expérience de rédactrice et de maman de 3 garçons, elle a développé une expertise approfondie sur l'univers de l'enfant, nourrie par ses découvertes et ses collaborations avec de nombreux professionnels de la Petite Enfance. Curieuse et passionnée, elle ne cesse d'explorer, de questionner et d'affiner ses connaissances pour proposer un contenu juste, nuancé et bienveillant. Son objectif ? Offrir aux parents des informations éclairées qui leur permettent de poser un regard plus serein et confiant sur leur parentalité.


En savoir plus